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Des soldes écoresponsables : un rêve ou une réalité ?

On y est ! Les soldes d’hiver ont débuté la semaine dernière, mercredi 11 janvier. Les rues lyonnaises se remplissent lors de journées shopping enflammées et les centres commerciaux grouillent de monde, en quête de bonnes affaires ! 

Comprendre ce phénomène est important mais le faire évoluer dans le bon sens, c’est encore mieux ! Alors comment faire pour que notre consommation durant les périodes de soldes n’impactent pas notre chère planète ? C’est ce que vous découvrirez à travers cet article. On peut déjà vous dire que c’est possible et tout aussi avantageux !

1. SOLDES : DÉFINITION, ORIGINE ET ÉVOLUTION

Et si, avant toutes choses, on revenait un peu sur l’histoire des soldes ? En effet, on définit aujourd’hui les soldes comme une pratique de vente qui permet de réduire le prix des produits invendus et en rayon depuis plus d’un mois. C’est une manière de liquider les stocks afin d’intégrer de nouveaux produits, au gré des modes et des saisons. 

Mais l’histoire raconte que “les soldes” étaient à l’origine “le solde” qui signifiait, par son étymologie, “un coupon de tissu invendu ou restant que le commerçant vendait à bas prix”. En 1830, un certain Simon Mannoury a vu en ce système l’opportunité de voir grand et d’en faire profiter son commerce. C’est donc lui qui met en place les premiers soldes, comme on l’entend aujourd’hui. Propriétaire du grand magasin parisien “Le Petit St-Thomas”, il avait besoin de liquider les produits qui ne se vendaient pas, et a donc décidé de vendre à prix cassés les articles invendus de la saison précédente.

Mais attention, plusieurs réglementations ont dû voir le jour au cours des précédentes décennies, afin d’arriver à un système non abusif et encadré, auquel tous·tes les commerçant·e·s doivent se plier. Aujourd’hui, la loi impose les réglementations suivantes : 

  • Les soldes sont accompagnés ou précédés de publicité
  • Les articles soldés doivent être proposés à la vente et payés depuis au moins un mois avant le début des soldes
  • Les soldes ont une annonce de réduction de prix dans la limite du stock à écouler
  • Des périodes de soldes sont imposées et ne doivent pas dépasser quatre semaines par an

Hors période de soldes, les commerçant·e·s peuvent réaliser des actions commerciales de déstockage avec des réductions, mais n’ont pas le droit de les qualifier de “soldes”.

2. L'IMPACT DES SOLDES : SOCIAL, ÉCONOMIQUE ET ÉCOLOGIQUE

C’est une période vraiment particulière, celle des soldes. Par une communication anticipée des marques, une pression sociale bien ancrée et une euphorie autour de la “bonne affaire”, les consommateur·trice·s sont poussé·e·s à acheter et à participer aux soldes.

Mais pourquoi un tel engouement ? 

Ils sont devenus un vrai enjeu marketing, bien au-delà de leur fonction première qui était, on le rappelle, de s’affranchir d’un stock de produits invendus. Les marques l’ont bien compris et se sont servies des outils marketing et digitaux  pour diffuser un message fort : “vous en sortirez gagnant·e·s à tous les coups”, mais est-ce vraiment la réalité ? 

Plusieurs phénomènes psychologiques se créent durant les soldes d’hiver ou d’été, notamment le syndrôme de FOMO, Fear Of Missing Out, ou la peur de rater quelque chose. Les techniques marketing mises en place avant et pendant les soldes – par de l’affichage, de l’influence, des publicités sponsorisées, des campagnes SMS – nous poussent à ressentir ce sentiment d’anxiété et d’urgence de devoir profiter de l’offre sinon de passer à côté d’une belle occasion.

La complexité de ce système repose sur la nécessité pour les marques d’écouler ce qu’ils n’ont pas vendu. Aujourd’hui, la plupart des marques fonctionnent avec un système de surproduction, en grande quantité et le plus rapide possible, avec un renouvellement perpétuel des collections. Alors oui, tout ne peut pas se vendre dès lors qu’on surcharge les consommateur·trice·s de nouveautés, d’exclusivités et de collections inédites. Ça ne s’arrête jamais. Alors, les industries trouvent un moyen puissant de pousser à l’achat, et de créer le besoin quand il n’existe pas.

Mais alors acheter pour acheter, est-ce vraiment nécessaire ? 

Vous l’aurez compris, dans la Tratti’Team, on n’est pas des mordus de ce concept… On est plutôt partisans du less is more, du troc ou encore de l’achat responsable. En effet, les soldes nous poussent à acheter ce qu’on n’aurait jamais acheté en temps normal, et contribuent énormément à l’effet de surconsommation que nous connaissons de plus en plus et à l’achat inutile. Usé en grande partie par les marques de fast fashion, l’impact écologique derrière cette action promotionnelle ne peut plus passer inaperçu. Car qui dit production de masse, dit bien sûr pollution, conditions de travail déplorables et surconsommation de beaucoup de nos ressources naturelles. D’ailleurs, on en parle un peu plus précisément dans un autre article au sujet de la fast fashion et de la slow fashion.

Dans ce débat, on peut ajouter l’actualité brûlante autour de l’inflation du coût des matières premières qui touche le secteur de la restauration, mais aussi celui du textile. Les entreprises de l’habillement craignent que le pouvoir d’achat des consommateur·trice·s en baisse, les fassent fuir durant cette saison de soldes. Mais ces marques ne changent pas pour autant leur manière de produire – en mieux – et cherchent toujours à maximiser leurs profits, dans le seul objectif de recréer de la demande, quitte à mettre l’éthique sur la banc de touche.

3. COMMENT PROFITER DES SOLDES ET ÊTRE ÉCORESPONSABLES ?

Être une marque aux valeurs écologiques fortes dans notre société n’est pas simple car notre système économique agit essentiellement en faveur de ceux qui ne font pas d’efforts en faveur de l’urgence climatique. Alors comment rester fidèle à ses valeurs écoresponsables, en tant que marques ou consommateur·trice·s, tout en palliant aux problématiques économiques actuelles ?

Les soldes libres & justes

En 2017, la marque Maison Standards, marque responsable pratiquant le prix juste et la transparence, lance une campagne de soldes un peu particulière, laissant le choix aux consommateur·trice·s du prix de leurs vêtements. 

  • Le tarif le moins cher servait à couvrir les frais de production du vêtement
  • Le deuxième permettait de couvrir les frais de production et les coûts logistiques
  • Le troisième, le plus cher, accordait un bénéfice à la marque

Un moyen de sensibiliser les client·e·s à une nouvelle façon d’aborder les soldes, de les engager vers l’achat responsable et de les informer, en toute transparence, sur les prix justes.

Wedressfair, e-shop en faveur de la mode éthique, met en place, encore cette année, les soldes libres et justes. Elle a aussi opté pour un système de réduction libre avec 4 choix : Aucune réduction, 10%, 20% ou 30%, en expliquant clairement la démarche liée à ces réductions, de manière transparente et responsabilisante. 

Si les marques référencées sur la plateforme Wedressfair pratiquent des soldes plus “communes” pour des raisons économiques, la marque écoresponsable respecte leurs impératifs et applique les soldes entrepris par la marque redistribuée selon ses critères, tant que l’objectif reste de créer du déstockage, et non d’inciter à la consommation.

Les marques qui boycottent

Un autre moyen de braver la période de soldes en restant respectueux de la planète : choisir des marques responsables, éthiques et transparentes qui ne pratiquent pas la méthode des soldes.

On comptera parmi elles des marques adeptes des précommandes, du zéro stock, de la production raisonnable comme Salut Beauté, Réuni ou encore MaisonCléo. Les précommandes sont un fort moyen d’engager une communauté de consommateur·trice·s responsables, de la création du produit jusqu’à sa réception, et de créer un sentiment de rareté. Un moyen de pallier la surconsommation avec brio. 

Pour la petite anecdote, Réuni organise aujourd’hui une grande braderie sur leur site ! Ils mettent à la vente leurs archives et derniers exemplaires en stock issus des échanges et retours, avant de se lancer dans une nouvelle aventure, encore plus engagée… PROFITEZ-EN !

L’upcycling

Si, comme pour nous, la période des soldes n’est pas pour vous une solution, et pourtant vous avez le sentiment de vouloir vous faire un petit plaisir “mode”, n’hésitez pas à opter pour l’upcycling. Dans cette catégorie, on retrouve des marques qui réussissent l’exercice plutôt très bien, notamment : 

  • Resap Paris, qui popularise l’upcycling en le rendant accessible à tous·tes à partir de vêtements déjà existants
  • Upznshit, qui retravaille des intemporels du vestiaire masculin pour leur donner un autre caractère, plus fun et moderne
  • Marlène Rougier, qui conçoit des modèles intemporels, pouvant être portés en toute saison car modulable 

Glase, qui propose des créations élégantes et singulières en utilisant des tissus déjà existants

La seconde main : des soldes à l’année

Et oui, encore un autre moyen de détourner les soldes saisonnières c’est de choisir la seconde main. En choisissant la seconde main, vous éliminez le coût de la matière première et de la production. Le temps est une notion importante qui s’intègre au prix, car il est long pour des friperies de rechercher, de chiner, de trouver les pièces qui rentreront en adéquation avec leur dressing et vous proposer des sélections de qualité, et à leur image. Mais c’est une alternative qui rentre en accord avec nos valeurs, et votre portefeuille !

N’hésitez pas à lire notre article Comment être stylé et écolo cet hiver pour découvrir toutes nos bonnes adresses pour vos achats cet hiver !

La Tratti’Team compte sur vous, plus que jamais, pour opter pour une saison de soldes plus responsable ! En tout cas, nous on a déjà commencé la semaine dernière en organisant un troc de vêtements entre membres de la Tratti’Team ! Original non ? 🙂

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