Le choix du vin, que ce soit au restaurant, chez votre caviste ou dans une épicerie fine peut être un moment délicat. On se retrouve souvent devant des prix très variables sans vraiment savoir pourquoi, des labels dont on ne connaît pas vraiment la signification et des appellations qu’on finit par confondre.
Mais alors comment s’y retrouver ? Sur quels critères doit-on se baser pour choisir la bonne bouteille ? Quelles sont les principales différences entre tous ces vins et ces labels ? Et quels facteurs peuvent influencer le prix d’une bouteille ? Certains diront que le choix dépend des préférences gustatives, mais à Trattino, nous accordons aussi de l’importance à la manière dont est produit le vin et nous avons la volonté de soutenir des pratiques agricoles durables et écologiques.
Dans cet article, nous allons vous aider à décrypter tous ces labels et à démêler le vrai du faux. Ainsi, vous saurez ce qui se cache derrière ces petits logos que vous voyez sur vos bouteilles et vous comprendrez mieux ce qui peut influencer le prix des bouteilles.
Commençons par quelques chiffres
Quand on parle de vins et de domaines viticoles, on pense souvent à la France. Et pour cause, notre beau pays est le deuxième plus gros producteur de vin du monde juste après l’Italie, selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). Et en ce qui concerne la consommation, la France figure aussi sur le podium, toujours à la deuxième place, derrière les États-Unis cette fois-ci.
La viticulture fait donc pleinement partie de la culture française. Que ce soit pour un apéro entre amis, un repas de famille ou un dîner au restaurant, le vin a souvent sa place sur la table. Mais alors, si la France produit autant de vins, vous vous en doutez, cela veut dire qu’il y a une diversité d’offres énorme sur le marché. Ce sont près de 400 appellations différentes rien que sur le territoire français et plusieurs dizaines de labels selon le ministère de l’économie. Pas étonnant que parfois les consommateurs s’y perdent !
On vous aide à comprendre
Commençons par diviser les vins en deux grandes catégories pour y voir plus clair :
- Les vins qui n’ont pas la certification AB (Agriculture biologique)
Les vins en agriculture conventionnelle
Les vins en agriculture raisonnée et le label HVE
Les vins certifiées AB
Le BIO dans la viticulture, qu’est-ce que ça veut dire?
Les vins en biodynamie et le label Demeter
Les vins sans sulfites ajoutés
LES VINS QUI N'ONT PAS DE CERTIFICATION AB
Les vins en agriculture conventionnelle
Les vins dits “conventionnels” dominent largement le marché. Ils représentent près de 75% des vignes du territoire français selon le ministère de l’agriculture. Pour ce type de vin, les viticulteurs n’ont pas de restrictions sur les produits utilisés lors de la culture de la vigne et de la vinification. Ils ont recours à des produits chimiques de synthèse pour traiter la vigne, prévenir les maladies et désherber entre les pieds de vignes, puis ajoutent des intrants œnologiques tels que le soufre pour assurer la conservation du vin. Cette approche productiviste permet des rendements élevés et peut donc se permettre de proposer des prix très bas, que vous retrouvez en supermarché, par exemple.
Cependant, des rendements élevés et des prix très bas riment souvent avec beaucoup, beaucoup de produits chimiques. Pour vous donner une idée, la culture des vignes occupe seulement 3% de la surface agricole française mais représente pourtant 35% des pesticides et fongicides utilisés. Ces produits ne sont pas seulement utilisés en curatifs mais sont souvent utilisés de manière préventive et excessive. Cela entraîne la pollution des sols, des nappes phréatiques ainsi qu’un appauvrissement de la biodiversité. Mais ce n’est pas tout : cette sur-utilisation de produits chimiques a aussi des répercussions directes sur la santé des ouvriers viticoles et des personnes habitant à proximité des vignobles.
Les vins en agriculture raisonnée
C’est avec ce constat en tête que le gouvernement décide d’agir pour réduire l’utilisation des produits chimiques en viticulture en introduisant le label HVE (Haute Valeur Environnementale). Ce label fait son apparition en 2012 suite aux recommandations du Grenelle de l’Environnement et a pour but de promouvoir des pratiques plus respectueuses de l’environnement dites “d’agriculture raisonnée”.
Sur le papier, cela peut sembler être une bonne alternative aux vins conventionnels mais en creusant un peu, pas tant que ça… On vous explique ! D’abord, il faut savoir que le label a 4 champs d’actions principaux:
- La préservation de la biodiversité
- La stratégie de protection phytosanitaire
- La gestion de la fertilisation des sols
- La gestion des ressources en eau
Pour obtenir le label, les agriculteurs doivent démontrer qu’ils ont mis en place des pratiques visant à améliorer leur impact dans chacun des quatre domaines. Cependant, les exigences sont très peu élevées. Par exemple, il n’y a aucune obligation chiffrée en termes de réduction d’utilisation de pesticides ; les viticulteurs doivent seulement traiter moins que la moyenne régionale. Or, en raison de la sur-utilisation généralisée de ces produits, cette moyenne régionale est très élevée. Ainsi, être en dessous de cette moyenne ne garantit pas une utilisation raisonnée des pesticides.
Autre problème majeur, il n’y a aucun contrôle effectué sur les exploitations pour certifier le respect des critères du label HVE. Bien que ce label ait permis de sensibiliser certains viticulteurs à la problématique de la sur-utilisation de produits chimiques, il est souvent utilisé comme un outil de greenwashing, sans véritable intention d’améliorer la protection de l’environnement. C’est donc un label au cahier des charges peu exigeant, surtout si on compare avec les exigences de la Bio.
LES VINS CERTIFIÉS AB
Les vins en agriculture biologique
Passons donc aux vins bio (ceux que nous proposons chez Trattino 😉). Un vin certifié bio assure que les raisins utilisés ont été cultivés selon les principes de l’agriculture biologique. Autrement dit, ils sont garantis sans aucun produit chimique de synthèse pour traiter les vignes et les fruits et aucun résidu de pesticide. C’est pour cela que la conversion en bio dure 3 ans. En ce qui concerne le processus de fabrication, seuls des intrants œnologiques d’origine naturelle peuvent être utilisés pour la conservation. C’est important de noter que le label bio est le seul label contrôlé chaque année par un organisme indépendant comme Ecocert ou Qualité-France !
Contrairement aux autres types d’agriculture, la bio permet une vraie protection des écosystèmes et une baisse significative de l’utilisation de toutes sortes de produits. Les pratiques bénéfiques pour l’environnement sont nombreuses, on peut par exemple citer le compost naturel ou l’utilisation de prédateurs naturels pour contrôler les parasites. Une exploitation en bio c’est 30 % de biodiversité en plus sur les parcelles comparé à une exploitation en conventionnel. Maintenant, vous savez pourquoi le bio est meilleur pour l’environnement et pour votre santé.
Et pourtant, le bio, tout produit confondu, ne représente que 1% des achats effectués par les restaurateurs ! Alors, chez Trattino, nous avons décidé d’inverser cette tendance et nous mettons un point d’honneur à proposer uniquement des produits biologiques. Nous essayons chaque jour de démocratiser cette approche car nous sommes convaincus qu’il est possible de proposer des produits bio de qualité à des prix justes et abordables, que ce soit pour les vins ou pour le reste.
Les vins en biodynamie
On vous parle aussi du vin en biodynamie car nous en avons aussi à la carte.Le processus de fabrication de ce type de vin est, de loin, le plus engagé, car les exigences sont plus strictes. En plus d’être bio, la production de vin en biodynamie utilise uniquement des préparations naturelles pour fertiliser les sols et protéger les vignes de maladies. Les préparations sont répandues en dose homéopathique et les intrants œnologiques naturels sont limités au maximum. Vous pouvez les identifier grâce au label Demeter par exemple. Ils ne représentent encore qu’une infime partie des vins français en raison des nombreuses contraintes liées à ce type de viticulture.
Les vins "sans sulfites ajoutés" (anciennement vins nature)
Et pour que vous soyez vraiment calé sur le sujet du vin, on vous explique aussi ce que signifie l’expression “vin sans sulfites ajoutés”, qu’on appelait avant vin “nature”. Cette appellation n’est plus autorisée afin de rendre les termes plus clairs pour les consommateurs. Bien que ce concept semble récent, il remonte en réalité aux origines de la viticulture, il y a environ 8.000 ans lorsque les premiers vins étaient produits sans ajout de sulfites. Ces vins sont caractérisés par une absence totale d’intrants et d’additifs durant leur élaboration. Par conséquent, la conservation est plus courte dès lors que la bouteille est ouverte et vous découvrirez un goût souvent assez différent des vins que vous avez l’habitude de déguster. Ces vins peuvent être identifiés grâce au label “méthode nature” ou tout simplement grâce à la mention “sans sulfites ajoutés”.
ET LE PRIX DANS TOUT ÇA ?
Maintenant que vous avez une vision assez claire des différents vins que vous pouvez retrouver en rayon de votre supermarché, chez votre caviste, au restaurant ou en épicerie fine, essayons d’y voir plus clair sur les prix ! Car, pour être honnête, même nous, il nous arrive d’être un petit peu perdu…
Vous vous en doutez, il n’y a pas un seul, mais bien plusieurs facteurs qui influent sur le prix du vin. Il y a d’abord les potentiels labels du vin, directement liés à la manière dont il sont produits. Plus un label est exigeant, plus l’élaboration du vin va nécessiter du temps et de la main-d’œuvre, et donc les coûts de production seront plus élevés. Par ailleurs, l’agriculture biologique, en raison de l’interdiction des produits chimiques, connaît des rendements inférieurs à ceux du conventionnel. Cela va aussi participer à faire augmenter le prix. En moyenne, un vin bio est 20 % plus cher qu’un vin conventionnel, selon l’Agence Bio. Alors un vin bio peut être plus cher mais derrière le prix se cache une meilleure gestion des sols, des ressources en eau et surtout pas de produits nocifs pour la santé et l’environnement !
En résumé, ce qui impacte le prix du vin en ce qui concerne la production, c’est le temps passé pour le produire, la main d’œuvre nécessaire et les rendements des domaines viticoles.
Mais ce n’est pas tout, vous vous en doutez. Les différents cépages jouent également un rôle important dans la détermination du prix. Le cépage, qui désigne la variété de vigne cultivée, peut considérablement influencer la qualité du vin et donc le prix. La notoriété et le prestige d’un domaine viticole affectent aussi le coût des bouteilles. Enfin, le millésime, qui est l’année de vendange des raisins et de l’élaboration du vin, est aussi à prendre en compte. Certains millésimes sont perçus comme meilleurs que d’autres par les spécialistes et plus l’année est favorable, plus le vin sera estimé et donc vendu à un prix élevé.
Ce qu'il faut retenir
Qu’il s’agisse de vin bio ou non, le petit label vert n’est pas le seul facteur à influencer le prix. Il est possible de trouver du vin bio à des prix tout à fait abordables tout comme des vins conventionnels à des prix très élevés. C’est donc à vous, consommateurs, de déterminer ce qui compte pour vous. Quel importance vous accordez méthodes de production, quel budget êtes-vous prêt à mettre dans une bouteille, quels cépages avez-vous envie de découvrir…
Et si vous êtes encore indécis… Chez Trattino, nous sommes toujours prêts à vous conseiller en fonction de vos préférences. Vous pouvez explorer notre sélection de vins à la carte ou dans notre épicerie fine, disponibles sur place et en ligne. Et n’oubliez pas, un verre de vin accompagne toujours parfaitement un plat de gnocchis !
Bonne dégustation 😊

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